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Wow ! Découvrez Kiwert, une start-up wallonne fondée par un adolescent

Clara Bernard©

Romain Hault, développeur autodidacte créateur de jeux vidéos sur smartphone, est l’étoile montante des jeunes startupers wallons. Il a fondé Kiwert,  une société d’édition et de développement d’applications, en collaboration avec le VentureLab, mais pas que. Entretien.

Wow ! Découvrez Kiwert, une start-up wallonne fondée par un adolescent kiwert actu geek

 

Romain est le fondateur de Kiwert Gaming Studio, maintenant devenu Kiwert, tout court. Nous l’avons rencontré un mardi d’avril ensoleillé dans son QG au VentureLab, un incubateur et accélérateur de start-up soutenu par ULg- HEC. Assuré, dynamique et avenant, il nous a parlé avec passion de ses réalisations, ses projets, ses aspirations et de son avenir. Tout ça du haut de ses 17 ans.

Salut Romain, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Romain Hault, j’ai 17 ans et je me suis intéressé au développement de jeux vidéos dès mes 15 ans. J’ai eu l’idée de créer mon propre jeu vidéo après avoir fait du modding (modifications de jeux existants grâce à des kits de développements souvent fournis par l’éditeur, NDLR) sur des jeux comme Halo depuis l’âge de 12 ans. J’ai donc développée SAW, sur iOS et Androïd, qui a cartonné. Cette première expérience a été un succès, et m’a ouvert grand les portes du VentureLab afin de poursuivre mon projet de développement. J’ai été rapidement intégré, puisque mon premier jeu se vendait déjà bien sur les appstores ce qui réglait déjà la question du financement.

Comment t’es venu cette envie de développer des jeux vidéos sur mobile ? Sur quel socle de compétences t’es-tu appuyé ?

Comme je le disais, j’étais déjà bien introduit au modding, ce qui m’a donné un avant-goût de ce qu’un développeur doit affronter et surtout l’envie de créer quelque chose de personnel. Ensuite, c’est en classe alors que je rêvassais et que je dessinais distraitement sur une feuille blanche que le concept de mon premier jeu m’est apparu clairement. Question compétences, il m’a fallu acquérir le tout comme autodidacte, sur base de tutos Youtube et d’essais-erreurs, et ça m’a pris 7 mois pour finaliser mon premier jeu, c’est à dire Saw. Maintenant, avec l’expérience, je peux créer ce genre de petits jeux addictifs en une vingtaine de jours.

Justement, parlons un peu de ces jeux, qu’en est-il ?

Ce sont des jeux destinés aux petits moments de vide que nous vivons tous au quotidien, nous les jeunes (et les moins jeunes, NDLR): trajets en bus, en train, files d’attente, interruptions intercours,… Les parties sont rapides avec une interface simple qui permet une prise en main instantanée. Jusqu’ici, j’ai développé Saw, Saw 2, et Upside Down qui sont basés sur ces principes.

Par exemple, Saw est un jeu où l’on guide une balle pouvant rebondir sur les parois définies par l’écran du téléphone et donc l’objectif est d’éviter le plus longtemps possible une scie circulaire se baladant à l’écran de manière aléatoire. C’est extrêmement simple et rapide, et ça demande un peu de maîtrise pour faire un bon score, d’où le côté addictif. J’en ai fait une évolution, évidemment baptisée Saw 2, où j’ai ajouté une série de bonus, de modes de jeu, de personnages, et toute un panel d’améliorations, ce qui a un peu complexifié le jeu en lui-même tout en conservant le fun du premier opus. Mon dernier né, c’est Upside Down, toujours sur smartphone, toujours un jeu de balle, dont l’objectif est d’éviter une série d’obstacles défilant en haut et en bas l’écran en ramassant une série de bonus.

L’originalité de ce jeu est qu’il joue sur la dissonance cognitive : les objets à ramasser sont physiquement de même apparence que ceux à éviter, sauf  que ces derniers sont de couleur verte, alors que les premiers sont de couleur rouge, ce qui a tendance à vite perturber l’utilisateur.

Au-delà du gameplay de tes jeux, qu’est-ce qui a boosté ce respectable succès sur lequel tu t’appuies actuellement ?

Pour être tout à fait honnête, c’est grâce à mon jeune âge. La majorité de ce genre de jeux sont produits par des boîtes de développement déjà bien implantées, et ça a visiblement étonné pas mal de monde de voir apparaître un développeur indé aussi jeune capable de produire une application ludique aussi addictive et pas trop mal foutue. Qui plus est, et grâce à ma jeunesse, la chaîne Nickelodeon a réalisé un sujet sur mon jeu, ce qui a drainé encore plus de monde et entraîné beaucoup de commentaires positifs de la part des nombreux adolescents qui ont téléchargé Saw. Ça a fait monter mon score sur les pages des appstores.

Après m’être renseigné un peu sur ton compte, il apparaît que ton ambition ne s’arrête pas au développement de jeux, ni même au développement tout court. Peux-tu nous expliquer tes projets ?

Oui, j’ai l’intention de moi-même incuber et coacher, avec pour cible les jeunes, particulièrement les étudiants, tout en restant dans le milieu du développement d’applications, mais plus seulement les jeux. Mon projet se base sur deux axes : la formation d’une équipe de jeunes, et la croissance de Kiwert en soi.

Dans un premier temps, j’invite des gens de mon âge à me rejoindre afin de leur faire profiter de mon expérience et surtout de pouvoir valoriser leurs compétences, qu’ils aient un bagage dans le milieu ou non. On remarque qu’il y a énormément de jeunes gens qui sont comme moi encore aux études, secondaires ou supérieures, qui sont bourrés de talent et de compétences, notamment en infographie, en développement ou en design mais qui de par leur statut d’étudiant ne peuvent par définition pas être engagés dans les structures idoines, et vous savez que les jobs d’étudiants offrent rarement des opportunités dans ce type de secteur. Qui plus est, malgré leurs compétences, ces jeunes vont souvent buter contre l’éternel argument du « manque d’expérience » lors de leurs premiers entretiens d’embauche, ce qui est stupide, puisqu’un futur développeur en dernière année d’études supérieures ne va pas développer tout son potentiel sur les quatre derniers mois, il a déjà des acquis.

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L’homme de la situation ! // Photographie par Clara Bernard©

 

Ce que Kiwert propose, c’est de mutualiser ces capacités au sein d’une structure commune reconnue afin de travailler sur divers projets en collaboration et ainsi d’étoffer leur expérience de terrain. Une forme de label de qualité Kiwert, en somme. Ce n’est pas évident de mettre en route cet aspect-là puisque légalement, c’est une zone complètement en friche, et j’ai d’ailleurs des contacts réguliers avec les directions des organismes comme le Forem afin d’y remédier.

En ce qui concerne l’entité Kiwert, mon deuxième axe de travail, c’est certes d’étoffer l’aspect gaming, mais aussi devoir beaucoup plus loin en terme d’applications, même jusqu’à l’IoT. Je résume ça en 3 branches : le pot commun d’idées réalisables, la collaboration et le service de développement / prestation de services, l’ensemble toujours basé sur une collaboration entre jeunes.

Le pot commun est accessible à tous, peu importe sa compétence, et regroupe tout ce qui nous semble pertinent à développer.

La collaboration en découle naturellement, puisque c’est la mutualisation des différents savoirs et savoirs-faire des membres de Kiwert pour parvenir à la validation et la réalisation des projets. A l’inverse d’un incubateur classique, l’idée est de mobiliser les forces vives nécessaires afin de réaliser le projet de A à Z sur base d’une bonne idée, pas seulement de donner des conseils et de l’encadrement pendant que le startuper doit composer avec les différentes étapes parfois compliquées  à surmonter que sont le financement, le développement, trouver le business plan, etc. En échange de la mobilisation de Kiwert, le créateur cédera des parts de sa société aux collaborateurs Kiwert si celui-ci rencontre le succès escompté.

Quand à la branche « prestation de services », elle donnera suite aux commandes venant d’entreprises ou institutions extérieures à Kiwert et permettra de faire rentrer du cash dans l’organisation afin de pouvoir financer nos autres projets.

Même si tu n’est plus vraiment incubé, tu bosses toujours au sein du VentureLab. Qu’est-ce que ça donne une journée au sein de cette organisation, comment le vis-tu ?

Etant très jeune, j’ai eu un peu l’impression de tomber comme un cheveux dans la soupe au milieu de gens de 25 ans et plus, puis assez vite, des relations se sont créées avec le staff et les autres incubés, qui sont vite devenus de bons collègues, voir de bons amis ! Il y a une bonne entente qui favorise grandement la collaboration, ce qui nous sort très régulièrement du pétrin dans certaines des problématiques auxquelles nous sommes quotidiennement confrontées. De plus, les coaches sont hyper sympathiques et compétents. Imaginez, j’ai débarqué ici à 15 ans, et j’étais un peu paumé mais Olivier de Wasseiges, mon coach « titulaire » m’a directement aidé à m’intégrer et à structurer mon boulot.

J’ai été très vite pris au sérieux car le staff a perçu immédiatement le potentiel inscrit dans mon travail, même si au départ, ça peut sembler anecdotique un gamin qui développe des petits jeux dans son coin. J’ai d’ailleurs été invité dans la foulée à de nombreux événements publics pour parler de mon expérience, notamment aux colloques prospectifs liés au plan Marshall et Marshall 2 lancés par le Ministre Marcourt. Ils étaient très demandeurs de l’avis d’un jeune un peu hors champ du business à l’ancienne. Ça m’a donné un bon coup de boost, point de vue marketing et visibilité.

Exclusivement pour Konect, peux-tu donner tes meilleurs conseils aux jeunes qui démarrent et qui désireraient monter leur start-up ?

La première chose, c’est de croire en soi, de foncer et de ne jamais se laisser démoraliser ou rabaisser par les autres. Même si vous recevez un avis négatif, tant que ce n’est pas constructif, n’en tenez pas compte. J’ai eu mon lot de jaloux et « d’emmerdeurs » tout au long de la réalisation de mon projet, ça ne m’a pas empêché de foncer et de prouver que j’étais capable d’y arriver en me donnant le maximum de moyens.

Et tes parents ?

Ils m’ont soutenu dès les premiers temps, ils m’ont encouragé à développer mon potentiel et ils ont cru en moi. Même s’ils avaient quelque chose à redire sur mes activités, surtout mon père, ils l’ont toujours fait de manière très pédagogique et constructive, ce qui m’a permis de me dépasser. Des parents en or.

La question qui fâche : Tu m’as dit à de nombreuses reprises que ta jeunesse t’avait ouvert beaucoup de portes et qu’une partie de ton succès commercial provenait également de là, mais n’as-tu pas peur de l’effet « mascotte » ? Qu’on te trimbale un peu partout comme la bannière de la success story wallonne par un petit génie ?

Si bien sûr, c’est un peu ce qui se passe pour le moment, mais je ne vais pas m’en plaindre : ça me fait un max de promo, ça me crée un réseau très solide et ça m’ouvre des portes dans beaucoup de secteurs parfois un peu inaccessibles pour des débutants ou des jeunes gens. Je suis toutefois bien au fait des contreparties à faire valoir lorsqu’on utilise mon image et mon histoire. Rien ne m’est vraiment imposé, et je ne suis pas dupe, c’est clairement un échange de bons procédés.

Le mot de la fin ?

Donne-toi les moyens de réaliser tes idées.

Merci beaucoup, Romain et bonne continuation !

 

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