close
#Applis

Uber décapité après la démission de son fondateur & CEO Travis Kalanick

Travis Kalanick, fondateur et CEO d’Uber a annoncé sa démission mardi après un début d’année 2017 particulièrement chaotique. Les actionnaires lui ont signifié sa perte de crédit auprès du conseil d’administration quand a sa capacité à diriger l’entreprise

Travis Kalanick, le Golden Boy

Travis Kalanick est un golden boy, self-made man et patron sorti du moule typique adulé par l’américain moyen, admirateur de paillettes, strass, et success stories. Patron de différentes start up à succès, et évidemment fondateur du géant Uber, « U » du célèbre acronyme NATU comprenant aussi les immenses sociétés nouvelle génération originellement non cotées en bourse que sont Netflix, Airbnb et Tesla, successeurs désignés du GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), il a aussi toujours dégagé quelques relents de souffre.

Scour Inc. et Scour Exchange, ses deux premières créations, il les a déclarées en faillite pour éviter d’importantes poursuites judiciaires en 2000. La raison ? Violation de copyright. Il lance ensuite sur le même principe le logiciel Red Swooch, mais subit une traversée du désert financière, se brouille avec son partenaire et se débat pour trouver des investisseurs. Au final, ce sera Marc Cuban, propriétaire de la franchise NBA des Mavericks de Dallas ainsi que de diverses structures dans le monde du cinéma et de la culture en général, qui lèvera 1 million de dollars afin de donner vie au projet Red Swooch. Ce ne fut pas un mauvais calcul puisque Red Swooch se revendra 19 millions de dollars à Akamai Technology en 2007.

Uber décapité après la démission de son fondateur & CEO Travis Kalanick travis kalanick actu geek

Uber, l’avènement et le déclin

Il fonde ensuite Uber avec la success story qu’on connaît, toujours englobée de cette réputation sulfureuse, puisque Travis Kalanick n’aime pas perdre. Il veut être le numero uno à tout prix et n’hésite pas à contourner la loi quand cela l’arrange. Uber étant parfois banni de certaines zones urbaines américaines, il développera des logiciels espions permettant aux chauffeurs Uber d’éviter les autorités locales pendant leur service. Le New-York Times révélera ensuite plusieurs scandales provenant de comportements déplacés en interne : harcèlement sexuel, homophobie, propositions indécentes, déclarations fracassantes et disputes avec ses employés ont lentement mais sûrement grignoté l’aura de winner de Travis Kalanick.

Ces différentes affaires auront définitivement mis un terme en la confiance placée en Travis Kalanick par ses actionnaires, aussi cinq d’entre eux, des poids lourds, lui ont signifié par courrier qu’ils lui retiraient leur confiance déjà après une longue période probatoire et un congé forcé suite aux différentes actions légales intentées contre la firme à la suite de sa gestion particulière et des différents scandales étalés dans la presse. Il a donc publié une déclaration signifiant son départ définitif en tant que CEO :

J’aime Uber plus que tout au monde, mais en cette période difficile de ma vie personnelle, j’ai accepté la demande des investisseurs de me tenir à l’écart en vue de laisser Uber poursuivre sa construction plutôt que d’être distrait par un autre combat

Quel avenir pour Uber et Travis Kalanick ?

Il demeure néanmoins membre du conseil d’administration. De manière assez cocasse, 1100 employés d’Uber ont cosigné une déclaration sur Google Doc indiquant leur opposition à cette démission forcée, jetant un doute sur le nombre, ou une confirmation, selon le point de vue, sur la légitimité des accusations subies par Travis Kalanick relatant sa manière toxique de gérer l’entreprise et son personnel.

Actuellement, les investisseurs et les administrateurs d’Uber sont donc à la recherche d’un nouveau CEO, et restructurent à tour de bras afin de redorer le blason de la compagnie. Comme disait Edward R. Murrow :  « Good Night & Good Luck »

Commentaires
Tags : #newsfeaturedTravis Kalanickuber