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Savez-vous comment l’IoT peut combattre le braconnage ?

En Afrique du Sud, le plus grand groupe de téléphonie mobile, MTN Group,l’université de Wageningen, la compagnie indienne de télécoms Prodapt et la firme américaine IBM collaborent pour enrayer le braconnage de rhinocéros. Pour ce faire, ils testent actuellement des colliers connectés sur des animaux dans la réserve Welgevonden Game.

Le rhinocéros, comme l’éléphant, est une victime silencieuse d’un massacre méticuleusement organisé et financé par des associations internationales de malfaiteurs. A l’heure actuelle, on peut encore constater que le prix d’un kilogramme d’ivoire peut atteindre 95 000 $ (plus de deux fois le cours actuel de l’or) alors qu’il existe toujours des gens en extrême-orient qui entretiennent la superstition que la corne de rhinocéros réduite en poudre peut soigner des maladies considérées comme incurables par la médecine moderne, augmenter la virilité ou encore adoucir une vilaine gueule de bois. Bref, un remède universel.

Savez-vous comment l’IoT peut combattre le braconnage ?  actu geek
le trafic d’ivoire et de fourrure, un marché juteux

Il existe donc un marché juteux de trafic d’ivoire, faisant partie d’un ensemble plus grand dont le rapport total annuel frôlerait les 16 milliards de dollars. Le trafic mondial d’animaux se porte bien, merci pour lui. Tant pis pour nous. Tant pis pour nos cousins mammifères, et autres. De ce fait, les braconniers sont de mieux en mieux équipés et entraînés afin d’assurer une certaine efficacité, ressemblant de plus en plus à des escouades paramilitaires de par leur matériel et leurs méthodes, obligeant les rangers des parc nationaux à se mettre au diapason, voire à rentrer dans un cercle vicieux de surenchère rendant la protection de la vie animale semblable à la chasse aux guerilleros colombiens producteurs de drogue. Seul le décor change, l’appât du gain et la violence demeurent.

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L’horreur du braconnage

Il fallait donc réfléchir à la question différemment, et donc, dans une vidéo joliment éditée postée hier sur la plateforme Youtube, IBM a présenté son programme de monitoring et de protection des espèces menacées par le braconnage dans la réserve naturelle Welgevonden Game. Cette initiative met en collaboration divers acteurs du secteur technologique et utilise avec efficacité l’IoT matérialisé dans des colliers émetteurs posés sur divers grands herbivores transmettant en continu diverses données à une centrale gérant ce système d’IoT, comme la température, la position GPS, l’accélération et la vitesse de l’individu, tout cela analysé en temps réel grâce au programme d’intelligence artificielle Watson.

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Logo d’IBM Watson

Comme l’explique Petrus Greyvenstein, responsable IoT chez IBM Watson et architecte du projet, ces données collectées et transmises doivent être analysées et interprétées en moins de 400 millisecondes afin que les gardes-chasse de la réserve puisse intervenir rapidement et efficacement. Le transfert de ces données s’effectue en 3 et 4G grâce au réseau LoRa par des bornes équipées de panneaux solaires disséminés dans la réserve et délimitant les zones de localisation des animaux.

On pose exclusivement ces colliers sur les grands herbivores comme les gazelles et les zèbres, et non directement sur les rhinocéros, puisque les braconniers sont plus susceptibles de rencontrer ces animaux préalablement et de modifier leur comportement, activant l’instinct de fuite et donc alertant immédiatement Watson d’un changement drastique de comportement. A l’heure actuelle, 135 animaux sont équipés du harnais, mais les responsables du projet comptent bien étendre ce nombre afin d’étoffer et affiner la base de données tout en renforçant la qualité du machine learning.

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Qu’est-ce que LoRa ?

Bien que l’initiative soit louable, il est à noter que tout ce programme est aussi un cas de test pour les divers investisseurs dont l’objectif est de mettre à l’épreuve toutes ces technologies sans fil afin de développer de nouvelles sources de revenus par l’installation de réseaux moins coûteux et plus réactifs sur le continent africain. D’autre part, le parc choisi est aussi assorti de complexes hôteliers de luxe attirant les nantis en quête de dépaysement et de sensations fortes. Il est donc peu probable que l’on voit cette technologie étendue à des parcs tout aussi importants de par leur biodiversité et plus orientés vers l’écotourisme.

 

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